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Pourquoi les femmes doivent encore s’adapter à un monde pensé pour les hommes ?

  • Photo du rédacteur: Le Journal Luz
    Le Journal Luz
  • il y a 3 jours
  • 6 min de lecture

Un monde pensé pour les hommes… jusque dans notre façon de comprendre le corps


Femme prenant un moment pour écouter son corps dans un espace de bien-être, après une séance de yoga.

Pendant longtemps, le masculin a servi de référence dans de nombreux domaines. Médecine, sport, alimentation, travail… nous avons hérité, à bien des égards, d’un monde pensé pour les hommes, dans lequel les femmes ont ensuite dû trouver leur place.

On nous explique depuis toujours comment bien vivre.


Il faudrait dormir huit heures, manger équilibré, faire du sport plusieurs fois par semaine, être productive au travail, gérer son stress, boire suffisamment d’eau, prendre du temps pour soi… et idéalement réussir à faire tout ça sans jamais être fatiguée.

Sur le papier, pourquoi pas.

Sauf qu’il y a un petit détail dont on parle encore assez peu : beaucoup des normes sur lesquelles notre société s’est construite n’ont pas été pensées en prenant réellement en compte le corps et la vie des femmes.

Pendant longtemps, le masculin a servi de référence dans de nombreux domaines. La médecine et la recherche, bien sûr, mais aussi le sport, certains équipements, l’organisation du travail ou encore l’ergonomie.

Et quand le modèle de départ ne te ressemble pas, il se passe quelque chose d’assez logique : c’est toi qui apprends à t’adapter.

À force, on ne s’en rend même plus compte.


Un corps de femme n’est pas simplement un corps d’homme en plus petit

Ça paraît évident dit comme ça.

Et pourtant, pendant longtemps, les femmes ont été moins représentées dans certaines recherches médicales et sportives.

C’était notamment lié à une difficulté supplémentaire : les fluctuations hormonales pouvaient compliquer les protocoles de recherche. Plus simple, donc, d’étudier des hommes.

Pratique pour les chercheurs.

Un peu moins pour la moitié de la population.

Les choses évoluent heureusement, mais il reste encore beaucoup à apprendre sur la manière dont certaines pathologies, certains traitements, la récupération ou la performance peuvent différer selon le sexe.

Et puis il y a quelque chose d’encore plus évident : la vie hormonale d’une femme peut connaître énormément de changements.

Les règles. La grossesse. Le post-partum. La périménopause. La ménopause. La contraception hormonale pour certaines.

Ça fait quand même beaucoup de choses pour un sujet dont on nous parle finalement assez peu lorsqu’il est question de sport, d’alimentation ou simplement de rythme de vie.


Prenons le sport.

On nous a longtemps vendu une formule assez simple :

Tu veux progresser ? Entraîne-toi régulièrement.

Tu veux perdre du poids ? Bouge davantage.

Tu veux des résultats ? Sois disciplinée.

Et si tu n’as pas envie d’aller t’entraîner aujourd’hui ?

Allez. Motivation.

Sauf que ton corps n’a pas forcément exactement la même énergie tous les jours.

Certaines femmes ne ressentent pratiquement aucune variation au cours de leur cycle. D’autres remarquent clairement des périodes où elles ont davantage d’énergie, et d’autres où elles se sentent plus fatiguées, moins à l’aise ou simplement moins disposées à faire une séance intense.

Et il n’y a rien d’anormal là-dedans.

Ça ne veut surtout pas dire qu’il faudrait tomber dans l’excès inverse et organiser toute sa vie autour d’un calendrier hormonal.

Jour 8 : Pilates. Jour 14 : Cross Training. Jour 27 : interdiction formelle de toucher un haltère.

Non merci.

La science ne permet d’ailleurs pas aujourd’hui de créer un programme universel basé sur les phases du cycle qui conviendrait à toutes les femmes.

Mais entre ignorer complètement son corps et devenir esclave de son application de règles, il existe quand même un juste milieu.

Tu peux simplement apprendre à observer comment toi, tu fonctionnes.

Si aujourd’hui tu te sens capable de soulever des montagnes, profite-en.

Si demain ton corps réclame quelque chose de plus doux, adapte.

Ce n’est pas manquer de discipline.

C’est arrêter de considérer qu’un bon entraînement est forcément celui qui était écrit sur le programme.


Côté alimentation, ce n’est pas beaucoup plus simple.

Ah, les régimes.

Mange moins.

Mange plus de protéines.

Supprime les glucides.

Ne supprime surtout pas les glucides.

Jeûne.

Ne jeûne surtout pas.

Compte tes calories.

Ne compte surtout pas tes calories.

À ce stade, on pourrait presque considérer la confusion comme un macronutriment.

Et là encore, énormément de recommandations sont présentées comme si tous les êtres humains avaient exactement les mêmes besoins.

Alors que non seulement les besoins nutritionnels varient d’une personne à l’autre, mais certaines périodes de la vie d’une femme peuvent également les modifier.

Les menstruations peuvent par exemple rendre la question du fer particulièrement importante chez certaines femmes. Les besoins évoluent pendant la grossesse et l’allaitement. Ils changent encore avec l’âge et la ménopause.

Même l’appétit peut varier chez certaines femmes au cours du cycle.

Ça ne veut pas dire qu’il existe une alimentation magique à adopter selon quatre phases parfaitement dessinées dans un joli cercle beige sur Instagram.

Mais ça veut dire qu’avant de suivre aveuglément un régime parce qu’il a fonctionné pour quelqu’un d’autre, il serait peut-être intéressant de se demander :

est-ce qu’il est réellement adapté à moi ?

À mon corps ? À mon activité ? À ma faim ? À mon âge ? À ma période de vie ?

Parce qu’un programme alimentaire n’a aucune idée de la personne que tu es.

Toi, si.


Et notre façon de travailler dans tout ça ?

Là encore, notre société adore la régularité.

Même horaire. Même rythme. Même niveau de concentration. Même disponibilité.

Peu importe que tu sois au premier jour de tes règles, enceinte de six mois, trois mois après un accouchement ou en pleine périménopause : globalement, le calendrier Outlook s’en fiche.

Évidemment, il ne s’agit pas de dire que les femmes seraient incapables de travailler normalement à certains moments de leur cycle. Ce serait complètement faux et terriblement réducteur.

Mais certaines femmes vivent des règles douloureuses. Certaines traversent des grossesses difficiles. Certaines vivent un post-partum épuisant. Certaines découvrent à 45 ans que la périménopause peut chambouler beaucoup plus de choses qu’elles ne l’imaginaient.

Et pendant très longtemps, la réponse a surtout été :

adapte-toi.

Gère.

Ne montre pas trop.

Continue.

C’est peut-être ça qu’on peut commencer à remettre en question.

Pas notre capacité à faire les mêmes choses que les hommes.

Mais cette idée selon laquelle l’égalité nécessiterait forcément que nous fonctionnions exactement comme eux.


Le problème n’est pas toujours ton corps.

C’est probablement la chose la plus importante à retenir.

Parce que lorsqu’on n’arrive pas à suivre une norme, notre premier réflexe est souvent de nous en vouloir.

Je manque de volonté.

Je suis trop fatiguée.

Je devrais mieux gérer.

Je ne suis pas assez régulière.

Alors que parfois, la bonne question n’est pas :

« Comment est-ce que je peux forcer mon corps à suivre ? »

Mais :

« Est-ce que ce que je lui demande lui convient réellement ? »

Et mine de rien, ça change beaucoup de choses.


Bon. Maintenant qu’on sait ça, on fait quoi ?

Parce que l’idée n’est pas de terminer cet article en se disant que tout est foutu et que même notre chaise de bureau participe au patriarcat.

La première chose que tu peux faire est probablement la plus simple : observer ton corps avant d’essayer de le corriger.

Pendant quelques semaines, remarque ton énergie. Ton sommeil. Ta faim. Ton envie de bouger. Tes règles. Les moments où tu te sens particulièrement forte et ceux où tout semble demander davantage d’efforts.

Pas pour tout analyser.

Juste pour commencer à repérer ton propre fonctionnement.

Ensuite, donne-toi davantage de liberté.

Ton planning prévoyait une grosse séance mais aujourd’hui tu sens que ça ne passe pas ? Fais autre chose.

Tu as beaucoup plus faim à certaines périodes ? Plutôt que de culpabiliser immédiatement, écoute ce signal et regarde ce qui peut l’expliquer.

Tu traverses une période de fatigue inhabituelle ou tes règles sont particulièrement abondantes ou douloureuses ? Ne banalise pas automatiquement ce que tu ressens. Parles-en à un professionnel de santé.

Et surtout, méfie-toi un peu des solutions universelles.

La routine miracle.

Le régime miracle.

Le programme sportif miracle.

Le protocole hormonal miracle.

Si une méthode te demande systématiquement d’ignorer ce que ton corps te raconte pour réussir à la suivre, elle mérite peut-être au minimum d’être questionnée.



C’est aussi cette idée qui se cache derrière Studio Luz.

Nous n’avons pas voulu créer un endroit où l’on te dit simplement quoi faire pendant une heure.

Nous voulions pouvoir proposer plusieurs façons de prendre soin de toi.

Il y a des jours pour se renforcer.

Des jours pour danser.

Des jours pour travailler sa mobilité.

Des jours pour ralentir.

Et puis des périodes particulières de la vie où les besoins changent complètement — raison pour laquelle le yoga pré et postnatal ou encore les activités pensées pour les mamans ont aussi leur place chez nous.

Pas parce que les femmes sont fragiles.

Parce qu’elles sont différentes les unes des autres. Et qu’une même femme elle-même change au cours de sa vie.

Finalement, c’est peut-être ça, créer quelque chose réellement pensé pour les femmes.

Ne pas décider à leur place de ce dont elles ont besoin.

Mais leur laisser suffisamment de choix pour qu’elles puissent l’écouter elles-mêmes.


🌿 Le rituel Luz

Cette semaine, ne change rien.

Vraiment.

Observe simplement.

Quand est-ce que tu as le plus d’énergie ? Quand as-tu faim ? Quand as-tu envie de bouger ? Qu’est-ce qui te fatigue ? Comment dors-tu ? Est-ce que certaines sensations reviennent à certains moments ?

Et surtout, repère chaque fois que tu penses :

« Je devrais quand même… »

Puis demande-toi :

« Je devrais… selon qui ? »

Parce que ton corps n’a peut-être pas besoin d’être davantage discipliné.

Il a peut-être simplement besoin que, pour une fois, on arrête de lui demander de s’adapter à tout. 🤎

 
 
 

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